Les cours de biologie nous ont enseigné que toutes les cellules du corps sont composées du même ADN. Toutefois, des nouvelles recherches ont confirmé que les neurones sont constitués d’un schéma ADN différent de celui des autres cellules. Ces différences notables s’accentuent avec le temps. Toutefois, l’impact direct de ces variations demeure encore incertain. D’ailleurs, d’autres tissus de l’organisme sont également susceptibles de présenter les mêmes différences.

ADN d’un neurone : la variabilité du nombre de copies

Selon de récentes recherches, un même tissu peut présenter des divergences génétiques. Au niveau du cerveau, on a pu constater que :

Laboratoire ADN France Paternité
Laboratoire ADN France Paternité
  • Certaines régions peuvent être manquantes;
  • D’autres peuvent être dupliquées;
  • Un ou plusieurs chromosomes pouvaient ne pas être présents.

C’est la CNV ou variabilité du nombre de copies. A noter que l’ADN polymérase ou DNAP est l’enzyme chargée de la formation des nouvelles copies d’ADN.

Pour en arriver à cette conclusion, les scientifiques ont procédé en deux temps :

Première étape

Ils ont prélevé environ une centaine de neurones du cortex frontal de personnes décédées. Cette expérience a été réalisée dans l’objectif de voir la CNV dans son ensemble. Avant de procéder au séquençage du génome de chaque cellule nerveuse, il a fallu les multiplier au préalable. Il ne s’agit donc pas de faire un test adn simple comme pour établir un lien de parenté ou dépister une maladie génétique.

Deuxième étape

La même manipulation a été reproduite sur des cellules de la peau issues de personnes saines. Ces cellules ont ensuite été transformées en neurones grâce à des CSPi ou cellules souches pluripotentes induites.

Dans le laboratoire adn, il a été conclu que 45 cellules nerveuses sur 100 possédaient une ou plusieurs duplications qui n’étaient pas héritées des parents et donc étaient uniques (environ 41%). Pour le cas des cellules de la peau, le chiffre descendait à 32,5%. De nouvelles modifications génétiques ont donc accompagné la différenciation en neurones.

Les effets des variations génétiques sur le cerveau

Les recherches n’ont pas encore permis de tirer des conclusions éloquentes sur la question. Toutefois, les scientifiques pensent que les CNV ont la capacité de :

  • Protéger les cellules des infections;
  • Contribuer à l’adaptation à un environnement différent.

On peut également en déduire que les cellules nerveuses peuvent être soumises à des mutations génétiques. Pour s’en convaincre, il faudrait étudier près d’une centaine de milliards de neurones, tout en analysant les différences apparentes au niveau des protéines et de l’ARN.

La modification génétique des neurones

Il a été conclu que les neurones pouvaient rabattre une partie de leurs gènes et même modifier l’identité génétique d’une personne. Les fragments d’ADN se déplacent donc continuellement dans le noyau des neurones, puis vont d’un endroit à un autre en suivant les chromosomes. A mesure qu’il se déplace, l’ADN modifie le génome initial de l’individu.

Cette découverte bouleverse profondément les dogmes de la neurologie génétique. En effet, la modification des gènes suppose que chaque personne est unique. D’ailleurs, le cerveau s’affranchit totalement des lois qui régissent l’identité génétique. C’est ce qui expliquerait en partie les divergences de conscience et de mémoire.

Le mosaïcisme génomique du cerveau

On désigne par mosaïcisme génomique du cerveau, le procédé par lequel les cellules cérébrales réarrangent leur ADN. On peut en déduire les éléments suivants :

Explication des mystères médicaux

Il existe encore de nombreuses questions sans réponses quand on en vient aux mystères médicaux. Par exemple, pourquoi est-ce que la maladie d’Alzheimer touche uniquement les personnes âgées et non les enfants ? Qu’est-ce qui cause l’autisme ? En effet, les maladies cérébrales restent encore très complexes et mystérieuses à cette époque.

Un fonctionnement encore incertain

Il n’est pas encore possible d’établir le fonctionnement exact du mosaïcisme génomique. Tout ce qui est certain, c’est que l’ADN des neurones est très variable. La prochaine étape cruciale serait d’arriver à expliquer le mécanisme par lequel les neurones créent ces différences. Cela permettrait en effet de savoir si le processus est susceptible de provoquer ou non une maladie.

Un phénomène pouvant être courant

Le mosaïcisme génomique n’est peut-être pas forcément un processus nouveau, si l’on tient compte du fait que les cellules nerveuses ne sont pas les seules à présenter un mélange d’ADN. Le système immunitaire est aussi capable de réorganiser l’ADN de façon à créer des cellules susceptibles de combattre les intrus indésirables du corps.

A ce stade, les recherches des scientifiques n’en sont encore qu’à leurs balbutiements. Il faudra patienter un certain temps avant de connaître les paramètres qui déterminent la spécificité des neurones comme le génotype ou l’âge. De plus, la première recherche a suggéré que d’autres organes, si ce n’est tous, peuvent être concernés par la réorganisation de l’ADN.

 

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