En bref
3 jours ouvrables à prendre dès la naissance, sans que l’employeur puisse refuser
- Le congé de naissance débute le jour même ou le 1er jour ouvrable qui suit
- Ces 3 jours sont distincts du congé de paternité et intégralement à la charge de l’employeur
- Un refus ou une imputation sur les congés payés constitue une infraction au Code du travail
Quand prendre les 3 jours de naissance : la réponse tient en une phrase. Le congé de naissance de 3 jours ouvrables débute soit le jour de la naissance de l’enfant, soit le premier jour ouvrable qui suit. L’article L3142-4 du Code du travail fixe ce cadre sans ambiguïté. Pourtant, entre la naissance un vendredi soir, un jour férié ou pendant une période de congés payés, beaucoup de pères salariés restent dans le flou. Et ce flou a un coût : certains posent leurs 3 jours trop tard, d’autres les voient absorbés par leurs RTT sans protester. On fait le point, cas par cas, sans jargon inutile pour le test de paternité.
Les 3 jours de naissance commencent quand exactement ?
Le point de départ légal : jour J ou premier jour ouvrable suivant ?
La date de départ du congé de naissance répond à une logique simple pour la reconnaissance de paternité : le salarié doit pouvoir être présent à la naissance de son enfant sans être contraint de revenir au travail dès le lendemain matin. Le Code du travail établit deux options légales et exclusivement ces deux-là. Soit le congé commence le jour de la naissance, soit il commence le premier jour ouvrable suivant. Aucune autre date n’est prévue. Un salarié qui tenterait de décaler ses 3 jours à une semaine après la naissance sort du cadre légal et perd son droit. L’esprit du texte est clair : ce congé est lié à l’événement lui-même, pas à la convenance de l’agenda.
Si la naissance a lieu en dehors des heures de travail habituelles (nuit, week-end), le congé démarre le premier jour ouvrable suivant. Inutile de forcer le décompte un dimanche : les jours ouvrables excluent les dimanches et les jours fériés.
Comment décompter les jours de naissance sans se tromper ?
Le décompte porte sur des jours ouvrables, pas des jours calendaires. Un jour ouvrable désigne tout jour de la semaine sauf le dimanche et les jours fériés légaux. Le samedi, sauf convention collective contraire, est un jour ouvrable en France. Concrètement, 3 jours ouvrables correspondent souvent à lundi-mardi-mercredi, mais ce calcul varie selon le jour de départ. La durée peut être supérieure à 3 jours si la convention collective applicable le prévoit. En l’absence d’accord collectif plus favorable, la durée minimale légale reste fixée à 3 jours ouvrables par l’article L3142-4.
Naissance un jeudi, un vendredi ou un samedi : le calendrier cas par cas
| Jour de naissance | Début du congé | Fin du congé (3 jours ouvrables) |
|---|---|---|
| Lundi | Lundi (jour J) | Mercredi soir |
| Jeudi | Jeudi (jour J) | Samedi soir |
| Vendredi | Vendredi (jour J) | Mardi soir (lundi inclus, dimanche exclu) |
| Samedi | Lundi (1er jour ouvrable suivant) | Mercredi soir |
| Dimanche | Lundi (1er jour ouvrable suivant) | Mercredi soir |
Une naissance le vendredi ne décale pas automatiquement les 3 jours au lundi suivant. Le salarié peut décider de commencer le vendredi lui-même et de comptabiliser ce premier jour, puis de reprendre le décompte le lundi.
Ce que la loi interdit à votre employeur de faire avec ces 3 jours
Un refus de l’employeur est illégal : voici sur quoi vous appuyer
Le congé de naissance constitue un droit absolu pour tout salarié, qu’il soit en CDI, en CDD ou même en période d’essai. L’employeur ne dispose d’aucun pouvoir discrétionnaire ici. L’article L3142-4 du Code du travail impose l’octroi de ce congé sans condition d’ancienneté, sans délai de carence, sans accord préalable de l’employeur. La seule formalité attendue du salarié est d’informer son employeur. En cas de refus caractérisé, le salarié peut saisir l’inspection du travail ou le conseil de prud’hommes (CPH). Nous le disons franchement : un employeur qui tenterait de bloquer ce congé s’expose à une condamnation ferme, et aucune clause contractuelle ne saurait y faire obstacle.
Ces 3 jours ne peuvent pas être imputés sur vos RTT ou vos congés payés
Ce point génère encore des abus en pratique. Certains employeurs, souvent par méconnaissance, déduisent les 3 jours du solde de congés payés ou de RTT du salarié. Cette pratique viole directement le Code du travail. Les 3 jours de naissance sont des jours d’absence autorisée pour événement familial, distincts de toute autre forme de congé. Ils ne s’imputent ni sur les congés annuels, ni sur les RTT, ni sur aucun autre crédit de repos. Le salarié conserve l’intégralité de ses droits à congés payés par ailleurs.
Si votre bulletin de salaire fait apparaître une retenue sur congés payés correspondant aux 3 jours de naissance, exigez une correction par écrit. Conservez une copie de votre demande : ce document vaut preuve devant le CPH.
Ce que risque concrètement un employeur qui ne respecte pas ce droit
Un employeur qui refuse le congé de naissance ou qui l’impute sur les congés payés s’expose à une action en justice devant le conseil de prud’hommes. Le salarié obtient alors le remboursement des jours indûment déduits, augmenté de dommages et intérêts. La jurisprudence sociale française reconnaît également que toute sanction disciplinaire liée à une absence pour congé de naissance est nulle de plein droit. Autrement dit, un licenciement motivé par la prise de ces 3 jours est illégal et donne droit à réintégration ou indemnisation renforcée.
Comment poser les 3 jours de naissance auprès de son employeur ?
Le justificatif à fournir et le délai pour le transmettre
Le justificatif requis est simple : une copie de l’acte de naissance ou, dans les premiers jours, un certificat médical attestant la naissance. Service Public précise que ce document doit être remis à l’employeur dès que possible, sans fixer de délai strict à la journée près. En pratique, il est raisonnable de transmettre le justificatif dans les 48 heures suivant la naissance. Pour une adoption, l’arrivée de l’enfant au foyer déclenche le même droit, sur présentation du document officiel d’adoption.
Faut-il prévenir son employeur avant ou après la naissance ?
La loi n’impose pas de préavis formel avant la naissance. Toutefois, informer son responsable à l’avance reste une bonne pratique qui facilite l’organisation interne. Dès que la date présumée d’accouchement est connue, un simple message écrit suffit. Pendant le congé, le salarié n’a aucune obligation de rester joignable. La naissance constitue un événement familial au sens du Code du travail, et le salarié bénéficie d’une protection contre toute sanction pendant cette période.
3||Jours ouvrables garantis par le Code du travail pour tout salarié à la naissance de son enfant
3 jours de naissance et congé de paternité : deux droits distincts à ne pas confondre
Qui paie quoi : employeur pour les 3 jours, CPAM pour le congé de paternité
La confusion entre ces deux dispositifs est fréquente, et elle coûte parfois des jours de congé non pris. Les 3 jours de naissance relèvent du Code du travail et sont intégralement financés par l’employeur : le salarié perçoit son salaire normal pendant ces 3 jours, sans démarche auprès de l’Assurance Maladie. Le congé de paternité, lui, dure 28 jours calendaires (dont 4 jours obligatoires immédiatement après la naissance) et est indemnisé par la CPAM sous forme d’indemnités journalières, dans la limite d’un plafond fixé à 104,02 euros par jour selon les données actuelles. La demande se fait sur ameli.fr, avec transmission de l’acte de naissance.
Peut-on enchaîner les 3 jours de naissance et le congé de paternité sans interruption ?
Oui, et c’est même l’enchaînement le plus fréquent dans les faits. Rien dans la loi n’impose une reprise du travail entre les 3 jours de naissance et le début du congé de paternité. Le salarié peut poser ses 3 jours ouvrables dès la naissance, puis enclencher immédiatement la période obligatoire de 4 jours de congé de paternité. Cet enchaînement donne concrètement une présence continue auprès du nouveau-né pendant plusieurs semaines, ce que nous considérons comme la meilleure organisation possible pour le bien-être de l’enfant et du foyer.
Ce que change le congé supplémentaire de naissance en vigueur depuis le 1er juillet 2026
Ce nouveau congé s’ajoute aux 3 jours : il ne les remplace pas
Depuis le 1er juillet 2026, un congé supplémentaire de naissance entre en vigueur, introduit par le Décret n° 2026-419 paru au Journal officiel du 31 mai 2026. Ce dispositif facultatif permet aux deux parents de prendre jusqu’à 2 mois de congé supplémentaire, indemnisé à 70 % du salaire net pendant le premier mois, puis à 60 % le second. Il s’ajoute au congé de maternité, au congé de paternité et aux 3 jours de naissance existants. Il ne les absorbe pas, ne les remplace pas, et ne modifie en rien les règles de prise des 3 jours ouvrables déjà décrits dans cet article.
Enfants nés entre janvier et juin 2026 : êtes-vous éligible au nouveau dispositif ?
Oui. Les parents dont l’enfant est né entre le 1er janvier 2026 et le 30 juin 2026 sont éligibles au congé supplémentaire de naissance, malgré l’entrée en vigueur décalée au 1er juillet 2026. Le gouvernement a confirmé que la date de naissance ouvre le droit, et non la date de prise effective du congé. Un enfant né le 3 juin 2026 donne ainsi accès au nouveau dispositif, à condition que le congé soit pris avant le 31 mars 2027. Pour une adoption, l’arrivée de l’enfant au foyer déclenche le même droit dans les mêmes délais.
CDI et CDD||Éligibles aux 3 jours de naissance sans condition d’ancienneté||Congé de paternité||28 jours calendaires indemnisés par la CPAM||Congé supplémentaire 2026||Jusqu’à 2 mois facultatifs, indemnisés à 70 % puis 60 %||Employeur||Finance les 3 jours de naissance, sans démarche CPAM
Prendre les 3 jours de naissance sans erreur, c’est possible
La question de savoir quand prendre les 3 jours de naissance appelle une réponse nette : dès la naissance ou le lendemain ouvrable, sans délai supplémentaire. Ces 3 jours constituent un droit garanti, financé par l’employeur, non imputable sur aucun autre congé. L’arrivée d’un enfant au foyer mérite une présence pleine, pas des négociations avec les ressources humaines. En cas de doute sur votre situation spécifique, n’hésitez pas à consulter l’inspection du travail ou un conseiller juridique spécialisé en droit du travail.
FAQ
Comment poser les 3 jours de paternité ?
Il suffit d’informer son employeur par écrit (mail ou courrier) dès que la naissance est connue ou imminente, puis de remettre une copie de l’acte de naissance dans les jours qui suivent. Aucun formulaire spécifique n’est requis, aucun accord de l’employeur n’est nécessaire.
Quand poser les jours de naissance ?
Les 3 jours doivent être pris immédiatement après la naissance : soit le jour même, soit le premier jour ouvrable suivant. Toute prise différée d’une semaine ou plus sort du cadre légal et risque de faire perdre le bénéfice du congé.
Comment décompter les jours de naissance si un jour férié tombe dans la période ?
Les jours fériés légaux ne sont pas des jours ouvrables. Ils ne comptent donc pas dans le décompte des 3 jours. Si un jour férié tombe pendant la période de congé, le décompte se prolonge d’autant : le salarié bénéficie de 3 jours ouvrables effectifs, quel que soit le nombre de jours calendaires nécessaires pour les atteindre.
Quand poser les jours de naissance en cas de naissance prématurée ou d’hospitalisation du nouveau-né ?
En cas de naissance prématurée ou d’hospitalisation immédiate du nouveau-né, le droit aux 3 jours s’ouvre à la même date que la naissance. Certaines conventions collectives prévoient des dispositions spécifiques pour prolonger ou adapter ce congé en cas d’hospitalisation prolongée. Il est conseillé de vérifier la convention collective applicable à votre entreprise et de contacter votre service RH par écrit pour formaliser la situation.


